Roland E P A - Le conquérant des cieux. Le Zeppelin, son maître (1908) (Edition originale)
Le conquérant des cieux. Le Zeppelin, son maître
Auteur : E. P. A. Roland · Éditeur : Loewes Verlag Ferdinand Carl, Stuttgart · Genre : ouvrage d'histoire de l'aéronautique destiné à la jeunesse · Structure : 18 chapitres, 6 planches, 1 portrait et 45 figures dans le texte. 184 pages EN ALLEMAND
Publié à Stuttgart vers 1909 par le Loewes Verlag, cet ouvrage retrace, à l'intention des jeunes lecteurs, l'histoire et le développement de la navigation aérienne depuis l'Antiquité jusqu'à l'été 1908. L'auteur compare le vol à la natation : de même que l'homme a dû apprendre à nager, il lui a fallu conquérir, par un long effort, l'art de s'élever dans l'air. Le livre part de cette « très ancienne nostalgie de la conquête de l'air » et pose d'abord la question de savoir ce qu'est le vol : les tentatives d'explication remontent à Archimède, qui étudia la poussée, à Aristote, qui chercha le premier à expliquer scientifiquement le vol des oiseaux, et à Archytas de Tarente, à qui l'on attribue une colombe artificielle mue par des moyens mécaniques. Suit une anatomie du vol des oiseaux, fondée sur les écrits de l'officier aérostier Moedebeck et de l'ingénieur Wilhelm Kreß.
Les chapitres suivants parcourent le vol dans la légende et dans l'histoire : le mythe grec d'Hélène et de Phrixos transportés par le bélier à la toison d'or, Dédale et la chute d'Icare, puis les premiers hommes à avoir tenté l'expérience, dont le « magicien » Simon de Samarie à Rome en l'an 67, et le vol des « artisans volants », cordonniers et tailleurs de l'époque moderne. Le récit aborde ensuite l'invention du ballon : le ballon à air chaud, connu peut-être des Chinois et signalé dans des manuscrits allemands de feuwerkers du XVe siècle, est mis en pratique par les frères Montgolfier. Le 19 septembre 1783, un ballon s'élève devant Louis XVI à Versailles avec un canard, un coq et un mouton ; le 21 novembre, Pilâtre de Rozier et le marquis d'Arlandes accomplissent la première ascension libre. Les chapitres suivants décrivent l'engouement général pour l'aérostation, les performances du ballon sphérique et ses victimes, dont Rozier lui-même, mort avec Romain en 1785, et plus tard les ascensions scientifiques, tel le vol de Gaston Tissandier, Sivel et Crocé-Spinelli à plus de 8000 mètres en 1875. Une place est faite au ballon captif et au cerf-volant de Bartsch von Sigsfeld et Parseval, puis aux usages militaires du ballon, de la bataille de Fleurus en 1794 au siège de Paris en 1870-71, avec l'épisode du ballon poussé au-dessus de la mer sans instrument de navigation, dont l'équipage, se croyant perdu, confie un dernier message à un pigeon.
La troisième partie expose la conquête du dirigeable. Giffard unit en 1852 la machine à vapeur au ballon fuselé de 44 mètres ; Haenlein essaie à Brünn en 1872 le premier dirigeable à moteur ; le « La France » de Renard et Krebs réalise en 1884 le premier trajet aérien fermé. Le chapitre des « vainqueurs de l'air » cite les dirigeables Lebaudy, le Parseval, les essais de Wölfert, mort en 1897, et de Schwarz, et le rôle du moteur à essence de Daimler. Le dernier chapitre est consacré au comte Ferdinand von Zeppelin, « maître de l'air » depuis ses vols de juillet et d'août 1908 : officier qui avait observé l'emploi des ballons pendant la guerre de Sécession, il construisit des dirigeables rigides d'une coque de 128 mètres et de 17 ballonnets intérieurs, parvint à de longs vols en 1908, et après la destruction de son appareil à Echterdingen le 5 août 1908 reçut l'appui du peuple allemand, l'auteur voyant dans ce « miracle de l'idéalisme » un nouveau moyen de préserver la paix. Le livre s'achève sur un sonnet composé par Ernst Arnold, ami de l'auteur, à la mémoire des journées d'Echterdingen.
Illustrations — 52 au total :
- 6 planches hors texte (« Tonbilder »)
- 1 portrait du comte Zeppelin
- 45 figures dans le texte (« Textabbildungen »)
Publication et éditions
- La première édition paraît autour de 1909-1910 chez Loewes Verlag (Stuttgart). Le texte s'arrête aux événements d'août 1908 (catastrophe d'Echterdingen) et à leur aftermath immédiat, ce qui fixe le terminus.
- L'ouvrage a connu au moins 5 éditions : une notice de ZVAB décrit explicitement une « 5., verbesserte und vermehrte Auflage » (5e édition, revue et augmentée — VIII + 168 pages, contre 160 pour les premières), et il existe une réédition de 1915, toujours chez Loewes.
- Le nombre exact d'éditions n'est pas documenté avec certitude au-delà de ces jalons : on sait seulement qu'il y en a eu au moins cinq, probablement plus, entre 1909 et 1915.
Indices internes de datation
1. La mention la plus explicite — l'avant-dernier paragraphe du livre :
« Zur Zeit, da dieses Buch die Presse verläßt, um der deutschen Jugend noch rechtzeitig auf den Weihnachtsgabentisch „fliegen" zu können »
L'auteur y dit mot pour mot que le livre quitte l'imprimerie pour arriver à temps sur la table des cadeaux de Noël. Le livre a donc été conçu comme un cadeau de Noël.
2. Le terminus des événements décrits : le texte s'arrête à l'automne 1908 — Echterdingen (5 août 1908), le ballon Parseval de septembre 1908, et surtout une phrase au futur : le LZ 3 « von August 1908 ab einem Umbau [unterzogen], um im Oktober neue Aufstiege zu unternehmen » (pour entreprendre de nouvelles ascensions en octobre). L'auteur écrit donc avant ou pendant octobre 1908.
3. Aucune mention des vols de 1909 : les grandes randonnées du Zeppelin de mars-mai 1909 (Stuttgart, Lucerne, Berlin), qui auraient été incontournables dans un livre paru après, sont absentes.
4. Pas de millésime sur la page de titre (« ohne Jahr ») — ce qui est cohérent avec les notices de catalogue qui datent l'exemplaire « ca. 1910 » par convention.
Cet exemplaire (160 pages, se terminant au chapitre 18 et au sonnet d'Ernst Arnold) correspond très probablement à la première édition, imprimée à l'automne 1908 pour Noël — ou au pire à un très début 1909. Les catalogues qui la datent « vers 1910 » le font par prudence, faute de millésime, mais le contenu interne plaide nettement pour fin 1908.