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des Vallières Jean - L'escadrille des anges (1953) (édition originale)

Original price £22.00 - Original price £22.00
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L'Escadrille des Anges

Jean des Vallières (1953)

Editions Albin Michel

400 pages

 

 

Publié en 1953 chez Albin Michel, L’Escadrille des anges de Jean des Vallières s’inscrit dans cette littérature française de l’après-guerre qui cherche à raconter l’épreuve du combat tout en interrogeant les valeurs de courage, de fraternité et de sacrifice. L’auteur, lui-même marqué par l’expérience militaire, choisit ici l’univers de l’aviation de guerre pour mettre en scène des hommes confrontés à la violence, au danger et à la mort. Le titre, à la fois lyrique et funèbre, annonce une œuvre où l’héroïsme se mêle constamment à la fragilité humaine.

L’un des principaux intérêts du livre réside dans sa manière de faire de l’escadrille un véritable personnage collectif. Les aviateurs ne sont pas seulement présentés comme des combattants accomplissant une mission : ils forment une communauté soudée par des habitudes, des complicités, des rivalités et surtout par la conscience permanente du risque. Les moments de tension dans les airs contrastent avec les scènes plus quotidiennes, qui permettent de découvrir les caractères et les relations entre les hommes. Cette alternance donne au récit une dimension humaine qui dépasse le simple récit d’aventures militaires.

Jean des Vallières accorde également une place importante à l’atmosphère. Le monde aérien est décrit comme un espace paradoxal : la liberté du ciel côtoie la menace constante, et la beauté des paysages peut soudain être interrompue par la violence du combat. L’auteur sait ainsi créer une tension dramatique efficace, notamment lorsqu’il confronte ses personnages à l’incertitude de leur retour. Le lecteur partage leur attente, leur peur et leur détermination, tandis que la mort demeure une présence presque familière.

On peut toutefois reprocher au roman certains accents propres à son époque. La représentation du courage militaire et du sacrifice peut parfois sembler idéalisée au lecteur contemporain, et certains passages portent nettement la marque d’une conception traditionnelle de l’héroïsme. Cette dimension historique constitue néanmoins une partie de l’intérêt de l’ouvrage : elle permet de comprendre comment, quelques années seulement après la guerre, la littérature française transformait encore l’expérience combattante en récit de mémoire et de valeurs.

Au total, L’Escadrille des anges mérite d’être redécouvert moins comme un simple roman d’aviation que comme un témoignage littéraire sur une génération façonnée par la guerre. Jean des Vallières y associe aventure, camaraderie et méditation sur le courage face à la mort. Malgré certaines conventions datées, le livre conserve une réelle force d’évocation et offre un regard intéressant sur l’imaginaire militaire de la France des années 1950.

Jean des Vallières (1895-1970) est une figure assez singulière de la littérature française du XX siècle : officier, aviateur pendant la Première Guerre mondiale, romancier, scénariste et dialoguiste. Il est né à Paris le 5 avril 1895 et appartient à une famille militaire : son père, le général Pierre des Vallières, fut tué au combat en 1918.

Saint-Cyrien, Jean des Vallières commence la Première Guerre mondiale dans la cavalerie. Blessé en 1914, il demande ensuite à rejoindre l'aviation et sert notamment dans l'escadrille N 12, puis dans la SPA 12. Il participe donc directement à cette aventure encore nouvelle qu'est l'aviation militaire. Il est notamment fait prisonnier en 1916. Cette expérience explique largement la place de l'aviation, du combat aérien et de la camaraderie militaire dans son œuvre.

Il devient ensuite un écrivain assez prolifique. Il publie sous son propre nom, mais également sous les pseudonymes Jean Ravennes et Terence Mac Swiney. Parmi ses ouvrages figurent Kavalier Scharnhorst (1931), Les Hommes sans nom (1933), Les Filles du Rhône (1938), ainsi que plusieurs livres consacrés à la Légion étrangère, à la guerre et à la Provence. L'Académie française lui décerne en 1945 le prix Boudenoot pour Sous le drapeau de la Légion étrangère.

Il connaît cependant un épisode politique et judiciaire beaucoup plus controversé pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1940, il accepte le poste de sous-préfet d'Arles sous le régime de Vichy. Après la Libération, il est condamné à mort par contumace en 1946, puis finalement acquitté à l'unanimité par un tribunal militaire en 1952. Il reprend alors sa carrière littéraire et cinématographique.

Pour comprendre L'Escadrille des anges, cette biographie est particulièrement importante. Le livre n'est pas le fruit d'une imagination étrangère au sujet : des Vallières avait lui-même été aviateur de chasse pendant la Grande Guerre. Le roman, publié chez Albin Michel en 1953, appartient d'ailleurs à la série Tendre Allemagne, dont il constitue le troisième volume.