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André Valérie - Ici Ventilateur ! (1954) (édition originale dédicacée)

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« Ici, ventilateur  » 
Valérie André Éditions Calmann Lévy, 1954 ; 225 pages

Editions originale dédicacée par l'auteur 1996.

 

« Ventilateur ! » c’est en Indochine l’indicatif des hélicoptères dans la bataille aérienne. Ici, Ventilateur ! est le récit autobiographique de Valérie André, médecin-capitaine et pilote d’hélicoptère, qui relate son expérience en Indochine entre 1950 et 1953. Le livre commence par son arrivée à Orly en avril 1953, où elle est accueillie par le capitaine Santini, un pilote expérimenté qui deviendra un collaborateur et un ami proche. Elle est affectée à Saigon, puis dans le delta du Tonkin, où elle intègre la section hélicoptère.

Valérie André décrit ses missions d’évacuation sanitaire, souvent périlleuses, où elle transporte des blessés depuis des postes isolés comme Xom-Bu, Hoa-Binh, ou Nasan vers des hôpitaux de campagne ou des centres médicaux. En tant que femme dans un environnement militaire dominé par les hommes, elle doit surmonter des préjugés, comme lorsqu’un rapport circule pour la critiquer parce qu’elle saute en parachute, une activité jugée incompatible avec le "prestige masculin".

Ses missions sont marquées par des défis concrets : atterrissages sur des zones d’atterrissage (D.Z.) improvisées, souvent minuscules ou minées, comme à Do-My, où elle doit décoller d’une rizière boueuse sous le feu ennemi. À Yen-Nhan, son hélicoptère est endommagé par un panneau mal fixé, l’obligeant à une réparation de fortune avant de pouvoir évacuer les blessés. Elle affronte aussi des conditions météorologiques extrêmes, comme des grains violents ou des brouillards denses qui rendent la navigation périlleuse.

Elle pilote principalement des Hiller H-23, des hélicoptères légers et fragiles, limités en charge utile (un ou deux blessés maximum), puis des Sikorsky S-51, plus puissants mais souvent en panne. À Nasan, en haute région, elle participe à l’évacuation de soldats blessés lors d’opérations de grande envergure, dans un camp retranché en pleine jungle, où les pistes sont constamment bombardées.

Son récit se termine par son rapatriement en France en 1953, après des mois de missions épuisantes, marquées par la fatigue opérationnelle et une anémie hypochrome. Malgré les difficultés, elle reste fière d’avoir contribué à sauver des vies, aux côtés de pilotes comme Santini ou Bartier, et d’avoir prouvé que les femmes avaient leur place dans l’aviation militaire.